Legault lance une enquête publique sur le « fiasco » de SAAQclic
Embourbé dans le scandale SAAQclic qui a éclaboussé son gouvernement, le premier ministre François Legault a réclamé dimanche une enquête publique et indépendante sur le « fiasco » du projet de transition numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec. Pour éclaircir tout ça, j’ai donné la directive au secrétaire général du gouvernement de préparer un décret pour lancer une enquête publique et indépendante dans les meilleurs délais. Le mois dernier, la vérificatrice générale Guylaine Leclerc a écorché le vaste chantier de transformation numérique de la SAAQ, appelé Carrefour des services d'affaires (CASA). Dans un rapport accablant, elle a conclu que ce projet a été un échec sur toute la ligne. Les ratés avaient été exposés au grand jour en février 2023, lors de la mise en service catastrophique de la plateforme SAAQclic. Ces problèmes avaient provoqué de longues files d'attente devant les succursales et engorgé le service à la clientèle. Mme Leclerc a révélé que les coûts ont explosé de 500 millions de dollars – soit près du double de ce qui avait été prévu au départ – pour atteindre 1,1 milliard de dollars d’ici le déploiement complet, prévu en 2027. La vérificatrice générale a relevé de nos nombreux manquements dans la gestion du projet SAAQclic. Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel Des informations stratégiques ont aussi été cachées aux parlementaires par les dirigeants responsables de la création de SAAQclic. Ces renseignements incomplets et erronés ont eu pour effet de minimiser, voire de cacher l’ampleur de la situation. Les explications de Sébastien Bovet Dans la foulée des révélations de la vérificatrice générale, les partis d’opposition n’ont pas tardé à réclamer la tête du ministre de la Cybersécurité et du Numérique, Éric Caire. Ce dernier a remis sa démission jeudi dernier. Et le député caquiste Gilles Bélanger lui a succédé au pied levé. M. Caire aurait été informé des dépassements de coûts associés au virage numérique de la SAAQ dès juin 2022, selon des révélations du Devoir. Dimanche, La Presse rapportait que le Conseil exécutif, soit le ministère du premier ministre, avait été avisé de l’état du projet en novembre de la même année. Depuis plusieurs jours, libéraux, solidaires et péquistes réclamaient d'une même voix qu'une enquête publique indépendante soit ouverte. Dimanche, le député libéral Monsef Derraji a salué la décision de M. Legault, tout en le pressant de dévoiler les conclusions de cette enquête le plus tôt possible. Son parti l'exige au plus tard le 30 septembre 2025. François Legault a d'ailleurs demandé dimanche que les propositions faites par les partis d’opposition soient prises en compte et que l'enquête publique Rappelons qu'une enquête externe ministère des Transports a aussi été demandée par la ministre Geneviève Guilbault, et que l’Unité permanente anticorruption a été interpellée. Le mandat de cette enquête doit en outre porter Cet avis est partagé par la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal. M. Duhaime s’en est également pris à Éric Caire, appelant à le Comment a-t-on pu en arriver à lancer un projet aussi mal préparé? On doit comprendre pourquoi et comment c’est arrivé pour ne pas répéter les mêmes erreurs dans l’avenir
, a écrit M. Legault dans une longue déclaration sur son compte X.Le gouvernement ne va pas se défiler de ses responsabilités. On va aller au fond des choses, on va analyser ce qui n’a pas fonctionné et on va rectifier le tir
, a ajouté le premier ministre, promettant de sanctionner
les responsables
si la situation le commande.Je me suis engagé à ce que nos dirigeants soient [tenus responsables] et je vais respecter mon engagement.

La bonne information n’a pas été transmise, le projet était mal planifié et il a été mis en service alors que tout n’était pas prêt. C’est inacceptable
, a commenté François Legault dimanche, concédant qu'il y a plusieurs enjeux qu’on doit éclaircir
.
D'autres enquêtes en cours
Les Québécois ont le droit de connaître la vérité avant de se rendre aux urnes
, a écrit M. Derraji sur son compte X. La veille, son parti a publié sa proposition de mandat pour une enquête publique.soit complémentaire aux travaux
de la vérificatrice générale et de l’Autorité des marchés publics (AMP), qui mène aussi des vérifications.Mandat élargi?
Il faut que la CAQ rende des comptes sur la question de la dissimulation de l'information
, a pour sa part réagi le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, formulant sept demandes pour la tenue de cette enquête. Il a notamment appelé le chef caquiste à ne pas déclencher d'élections d'ici la publication du rapport final, qui doit être déposé, a-t-il insisté, avant juin 2026.à la fois sur le fiasco SAAQclic [et] sur l'ensemble de la transition numérique gouvernementale, y compris des dépassements de coûts de 228 millions à Santé Québec
, a-t-il ajouté, réclamant que tous les partis politiques soient d'accord avec le choix du commissaire.Pour aller au fond des choses et éviter d'autres fiascos, il faut que le mandat de la commission d'enquête publique soit élargi à l'ensemble de la transformation numérique des services de l’État
, a-t-elle soutenu.Pas question d’une enquête qui dure deux ans, avec une longue liste de recommandations bureaucratiques, sans nommer ni accuser les responsables politiques
, a tonné de son côté le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, sur son compte X.sanctionner pour vrai
. Pas question de continuer à lui payer son salaire et le laisser député caquiste de La Peltrie
, a-t-il lancé.
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